22/09 9:00 Le Défi Bimedia l’Exploit d’une vie pour Yvan Bourgnon

 A minuit et 12 mn la nuit dernière, Yvan Bourgnon est entré dans le chenal de Nuuk au Groenland, bouclant avec succès le défi le plus extrême de sa carrière et de sa vie.

Au bout de lui-même…

Yvan Bourgnon, parti le 13 juillet dernier à bord de sa fidèle « Ma Louloutte » pour une nouvelle odyssée, vient à nouveau de prouver qu’il appartient à la race des derniers aventuriers. Pour ce défi givré, il a parcouru 7 500km entre le Pacifique et l’Atlantique, au cœur du cercle polaire arctique, bien au-delà du 70ème parallèle, sur une route océanique inédite. Une voie maritime où jamais un marin ne s’était aventuré en solitaire sur un voilier non habitable et qu’Yvan vient donc d’ouvrir pour la première fois de l’histoire !

Le détroit de Béring, Barrows, la mer de Beaufort, le golfe d’Amundsen ou encore la baie de Baffin : autant de points de repère légendaires sur un parcours jalonné d’éléments hostiles. La pluie tout d’abord, puis le froid polaire, les blocs de glace et les nombreux cailloux qui jonchèrent sa route mais également la faune, avec une omniprésence des ours polaires de plus en plus agressifs car sous-alimentés.

Une aventure périlleuse au cours de laquelle Yvan a du naviguer à vue et dormir par tranches de 5 à 10 minutes. Yvan, pourtant aguerri aux épreuves maritimes, le reconnaît : « J’en ai bavé plus que je ne le pensais. Les difficultés se sont accumulées tout au long du parcours. Ce Défi a été à coup sûr le plus difficile de tous ceux que j’ai accompli sur « Ma Louloutte », mon fidèle catamaran de sport. Le plus dur, c’était ce sentiment quasiment permanent de ne pas avoir de marge de sécurité : un démâtage et je n’aurais pas eu le temps de confectionner un gréement de fortune avant d’aller me crasher sur une falaise, un dessalage et je n’aurais pas eu assez de sensibilité aux doigts pour redresser mon catamaran, une ancre qui dérape au mouillage et c’était également le drame assuré, sans moteur. J’ai été aujourd’hui aux limites de ce que l’on peut réaliser avec ce genre d’engin en solitaire.  J’ai aussi dépassé mes propres limites, et découvert la peur en mer. A cause des glaces, des tempêtes, des températures et des roches non cartographiées j’ai pensé des dizaines de fois que je ne m’en sortirais pas J’étais constamment dans cette pression de n’avoir aucun droit à l’erreur »

Yvan est allé au bout de ce qu’un homme peut endurer, et son soulagement est immense de retrouver les siens, Géraldine et Tao, après 72 jours d’une rare intensité.

 

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