03/08 Cartographie maritime hasardeuse sur le passage du Nord-Ouest

Passage du détroit d’Amundsen en coup de vent

Le vent est monté à 35 nœuds hier dans le goulet du détroit d’Amundsen, mais de secteur Ouest, donc portant. Yvan et « Ma Louloutte » se connaissent par cœur et chaque bruit a une signification bien précise dans les moments délicats : « Je n’ai pas forcé dans ce vent fort. Je connais les signes qui m’indiquent quelle toile porter. Quand la drisse de grand voile claque à l’intérieur du mat, je sais qu’il est temps de prendre le deuxième ris, quant le mat siffle, les 35 nœuds sont dépassés et je dois prendre le troisième ris… »

Délaminage surprise sur le mât

Hier, c’est sous grand voile seule à trois ris qu’Yvan a salué le plus fort du vent, sans prendre de risques pour lui ou le matériel. C’est pourquoi l’étonnement fut grand de constater le délaminage du mât au dessus des barres de flèche. : « Ce mat est très renforcé, avec un manchon intérieur, donc je ne pense pas que la structure soit affaiblie. C’est sans doute une peau de carbone de finition donc superficielle qui s’est décollée. Je n’ai pas tiré sur le bateau dans le coup de vent et ne comprends pas la cause de ce décollement. Je pense que je pourrais réparer au mouillage, dans 3 jours environ.»

Monter au mât est une des corvées les plus craintes par Yvan. En mer, il a du s’y coller deux fois pendant son tour du monde et en garde un souvenir mitigé. Le faible déplacement de « Ma Louloutte » s’accommode mal du gabarit d’Yvan au milieu du mât, et un roulis ample et brutal se crée qui oblige le marin devenu acrobate à défier les lois de l’équilibre. La prochaine expérience se déroulera en eaux abrités et au mouillage, vraisemblablement du côté de Gjoa Haven.

Une navigation hasardeuse

Dans cette portion du passage du Nord Ouest particulièrement resserrée, la présence de nombreuses îles, îlots et têtes de roches rend périlleuse la progression d’Yvan. D’autant plus que les Canadiens mentionnent que seule une bande de 2 miles de large est correctement cartographiée. De nouveau au près, Yvan doit s’en éloigner pour prolonger ses bords. La couleur changeante des fonds lui sert d’indicateur, mais le risque de heurter une roche non répertoriée existe bien, car la brume épaisse tombe sans prévenir en quelques secondes.

Malgré tout, c’est entouré de dizaines de phoques et otaries et sous le soleil, que la vacation s’est terminée.

 

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