30/07 Du près, du soleil, du froid et une baleine sur le Défi Bimedia

Depuis l’escale forcée pour réparer le panneau solaire à Hershel Island au Nord Canada, le soleil se montre plus généreux. Chaque jour, il diffuse sa lumière indispensable au rechargement des batteries. La luminosité, uniquement entre 12h et 16h, est suffisante pour son rôle qui change la vie d’Yvan ; le remplacement du régulateur de tension du panneau solaire orientable est maintenant validé ; ce laps de temps permet à Yvan de confier « Ma Louloutte » au pilote, ce qui avait été rarement le cas depuis le grand départ de Nome.

L’absence ou presque de pluie est l’autre point hautement positif de cette entame de la 3ème semaine du Défi Bimedia, même si la brume est parfois au rendez vous en voilant les étraves à la vue du marin. Pourtant le froid est plus pesant de jour en jour avec une température subit hier de 0° : « C’est vraiment compliqué ce froid pour faire la moindre tâche, je dois enlever les gants et très vite c’est l’onglée. En plus, il me faut 4 à 5 minutes pour les remettre. Résultat, j’ai tendance à laisser passer des repas pour ne pas me geler les doigts. Je suis en phase d’amincissement là. J’ai un déficit de calories c’est certain. »

Le moral est bon

« La différence entre pluie et froid, c’est que la première affecte le mental, avec son gris, ses conséquences sur la charge des batteries. Le froid sec, lui est physiquement dur mais ne plombe pas mon moral qui est bon, j’aimerais juste me faire plaisir à la barre avec un peu de vent de travers, ce n’est pas souvent le cas depuis le départ. »

Du près en veux-tu en voilà

Yvan tire des bords de près depuis Hershel par 15 nœuds de vent hier soir et « Ma Louloutte » n’est pas dans son rôle de prédilection : « Le bateau tape sans arrêt avec souvent des bonds de 1 mètre suivi d’un choc contre la mer. J’espère que « Ma Louloutte » va tenir le coup à ce régime là ! »

Dans un des nombreux virements, le duvet est passé par dessus bord. Par chance il flottait, mais Yvan a dû faire demi-tour et manœuvrer finement pour le récupérer. Le séchage fut long. Yvan n’a embarqué qu’un seul duvet et un tel incident pourrait avoir des conséquences bien plus fâcheuses.

Par le travers de Baillie Island hier, Yvan va prochainement entrer dans le détroit d’Amundsen, et naviguer avec des côtes proches de chaque côté : « Dans le détroit, le fait d’être au près ne me laissera aucun répit. Je vais devoir fractionner mon sommeil pour éviter de heurter la côte et surtout ne pas renouveler l’endormissement fatal du Sri Lanka, pendant le tour du monde ! Au portant, je pourrais faire une route directe parallèle au rivage. »

En bonne compagnie

Hier soir, pendant la vacation, Yvan a aperçu un cétacé faire des bonds et a tout de suite pensé à une orque ; il a abattu pour se rapprocher de l’animal et le filmer : « Une fois à 50 mètres, j’ai vu que ce que je prenais pour une orque était une jeune baleine à bosse d’une douzaine de mètres de long ! J’ai réussi à faire quelques images, c’est un spectacle génial !  »

Pour les jours à venir Yvan devrait conserver le bénéfice du soleil mais voir le vent de face se renforcer jusqu’à 25/28 nœuds. Sa progression dans le détroit d’Amundsen promet de ne pas être une promenade de santé, bien que la menace des glaces soit levée jusqu’à Bellot, à une dizaine de jours de mer.

 

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