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16 septembre 2017
  • « Jeux » de hasard nuageux sur le Défi Bimedia

    C’est devenu une rengaine habituelle sur le défi Bimedia. Au moment de franchir un point clé, les éléments se liguent pour retarder la progression de « Ma Louloutte ». Cette constatation s’est vérifiée une fois de plus hier. Alors qu’Yvan pensait avoir un créneau favorable pour gagner dans l’est vers les côtes Groenlandaises, le vent plus soutenu que prévu, la mer très formée avec plus de 3 mètres de creux déferlants, la nuit d’encre et la présence de champs de growlers ont eu raison de l’impatience de l’aventurier.

    Roulette russe

    Plusieurs plaques de glace de 50 mètres de long et à peine 1 mètre de haut ont étés frôlés dans des surfs, car aperçues au dernier moment. La surveillance permanente impose à Yvan de découper son sommeil en petite tranches et l’usure s’installe, le réveil n’est parfois pas suffisant pour le faire émerger. Dans la nuit noire, il serait suicidaire de naviguer dans de tels champs de mines ! C’est ce qui a guidé la décision d’Yvan de rallier un nouveau mouillage dans le sud de l’ile de Baffin :

    « C’est épuisant de naviguer sous une telle pression, une part de hasard tellement importante ! En plus de ça, c’est constamment nuageux et les nuits sont noires, je vois à peine les étraves. Je me suis mis à la cape avant d’entrer dans le mouillage à l’aube. Mais même à la cape je dérive à 2 nœuds et si je touche un growler sous un mauvais angle je risque d’éventrer les coques ! Là je suis dans un endroit sûr ou je vais pouvoir récupérer. Le problème, mais je ferai avec, c’est que mon duvet s’est envolé et je n’en avais qu’un. Et les températures sont encore négatives malgré la descente au sud donc je gèle. »

    L’anse de Qikiqtarjuaq dans laquelle se trouve Yvan a abrité le voilier polaire « Vagabond » pendant ses 4 hivernages successifs. Les filles du bord allaient chaque matin à l’école, en traîneau tiré par des chiens ou en scooter des neiges, au village le plus proche.

    Le prochain créneau favorable à une traversée semble être dimanche matin, sous réserve des habituelles surprises concoctées par cette contrée réticente à se laisser dompter. Resterait alors environ 300 miles à parcourir, avec les icebergs, les coups de vents et les nuits de 10 heures pour compagnons, pour enfin rallier Nuuk, capitale du Groenland et ville d’arrivée du Défi Bimedia.