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12 septembre 2017
  • 12/09 11:30 Le passage du Nord-Ouest : toute une Histoire

    Le mouillage de Hatt Bay fut théâtre d’un fort coup de vent durant lequel « Ma Louloutte » sur ancre a fait des figures de style sur une coque, et d’une tempête, où lestée de 400 litres d’eau de mer dans des bidons, elle est restée à l’endroit malgré la violence des rafales. Cette escale restera aussi marquée par la rencontre entre Yvan et une barge tractée par un remorqueur ; sur la barge, l’épave renflouée du « Gjoa » d’Amundsen, explorateur Norvégien et premier à franchir le Passage du Nord-Ouest en 1906.

    Propulsé en Mer de Baffin

    Reparti hier à minuit heure française, quelques heures après le remorqueur, Yvan pensait voir, comme prévu, le vent mollir progressivement. C’est le contraire qui s’est produit, entre les montagnes qui entourent le « fjord » à l’est de Pond Inlet. : « Le vent est monté assez brutalement, et jusqu’à 50 nœuds, la nuit est tombée et la situation est devenue intenable. « Ma Louloutte » n’est pas taillée pour ça, et j’ai rapidement tout affalé. Pour réduire la vitesse et contrôler un peu cette fuite, j’ai mis à l’eau mes 2 ancres flottantes… Et aussi mes deux ancres classiques ! Malgré ça j’avançais encore à 6 nœuds à sec de toile. Sans doute que le vent fort était augmenté par un effet venturi à cause des montagnes. Le vent soufflait dans l’axe du plan d’eau et m’a propulsé en Mer de Baffin. Je me suis rarement senti autant en danger.

    Là, il est passé à 35, 40 nœuds avec une mer très formée et des creux de 4 m assez rapprochés. Comme il avait tourné au nord j’ai continué à fuir ver le sud, toujours à sec de toile. Impossible dans ce vent et cette mer casse bateau d’imaginer traverser directement vers la Baie de Disko ! Je pense que c’est trop risqué de tenter de traverser et je vais descendre en longeant le Canada. J’espère que ça va mollir comme prévu plus au sud. Je me raccroche à ça. Parce qu’en ce moment avec le vent du nord les températures sont très rudes. Dans une mer comme celle là assez escarpée, j’ai frôlé le chavirage deux fois et là c’est sûr, ce serait la fin du défi… »

    Les éléments prennent un malin plaisir à rendre toute prévision impossible sur le Défi Bimedia et encore une fois, l’optimisme à peine réapparu hier, a été tué dans l’œuf.