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7 septembre 2017
  • 07/09 11:00 Coup au moral pour Yvan Bourgnon sur son Défi Bimedia

    Une descente contrariée

    Depuis son entrée dans le détroit de Lancaster et la fin de la montée vers le nord, Yvan avait vraiment la sensation de faire route directe vers le but. D’abord à l’est puis au sud est, chaque mile gagné boostait son mental après la trop longue attente à Weld Bay.

    Mais voilà qu’aujourd’hui, « Ma Louloutte » sous la menace d’une dépression très creuse avec des vents prévus de 50 nœuds, doit se mettre à l’abri une nouvelle fois et probablement pour au moins 4 jours ! Des conditions de vent de cet ordre, Yvan en a surmontées souvent dans sa carrière et pendant son tour du monde sur « Ma Louloutte », mais par 70° nord lorsque la mer est à 0° et l’air à moins 7°, un chavirage serait sans doute fatal. C’est pourquoi le sens marin impose de ne pas courir ce risque.

    En direction de Pond Inlet Yvan a mouillé hier dans une baie au pied de montagnes et d’un petit glacier, dans des fonds de 2 mètres. En raison d’un marnage supérieur à celui indiqué sur les cartes, l’ancre a décroché obligeant Yvan à se mettre à l’eau pour éloigner le bateau du rivage et repartir à la recherche d’un havre plus sécurisant. Au passage, il lui a fallu briser la surface gelée de qui menaçait de le bloquer.

    Lutter contre le froid, le vent, et la déprime

    Le prochain mouillage sera délicat, et certainement sur deux ancres pour résister aux fortes rafales attendues. C’est la mort dans l’âme à l’idée de ce nouvel arrêt qu’Yvan a parcouru les derniers miles hier. Le froid cinglant à moins 7°, le verglas et les stalactites qui emprisonnent les bouts, ou empêchent la grand voile de coulisser sont difficilement supportables en temps normal mais Yvan prend sur lui. Malheureusement, la perspective d’être longtemps à l’arrêt une fois de plus, vient saper à la base cette volonté durement mise à l’épreuve :

    « C’est dur, très dur, le sort s’acharne sur moi. Je suis gelé, il n’y a pas de soleil depuis 5 jours, et de ne plus avancer c’est carrément déprimant. Ici c’est tout ou rien depuis le début : soit des vents faiblards soit des coups de vents. Et même au mouillage avec 40 ou 50 nœuds, je ne peux pas faire grand chose en cas de problème. Je n’arrive même pas à maintenir mon eau liquide en mettant les bouteilles dans mon duvet ; du coup je ne m’hydrate pas assez. J’ai eu des crampes violentes à cause de ça. Pendant le tour du monde, j’ai eu une seule fois une baisse de moral, ici c’est souvent. Vraiment je suis au bout de ce que je peux donner. »

    Quelques moments magiques, comme sa rencontre avec 5 narvals, viennent ponctuellement alléger le très lourd quotidien d’Yvan.