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4 septembre 2017
  • 04/09 20:00 Le Défi Bimedia libéré des geôles Arctiques

    La prison de glace a enfin ouvert ses portes, estimant qu’Yvan avait suffisamment payé pour son droit de passage. 12 jours bloqués, à la limite du renoncement, et puis samedi dernier, une 4ème tentative presque désespérée, et en tous les cas de la dernière chance, a laissé « Ma Louloutte » passer !

    Les growlers étaient présents sur la route d’Yvan, mais le Détroit de Bellot lui même, libre de glace. En 3 heures, le plus serré du détroit était avalé avec des séquences à plus de 8 nœuds ! L’incertitude qui pesait sur le Défi Bimedia depuis plusieurs jours et menaçait de piéger Yvan définitivement, est presque totalement dissipée.

    D’autres bateaux qui ont choisi de forcer le passage par l’ouest, alors qu’Yvan lui est passé à l’est du Détroit de Franklin, sont bloqués en lisière de banquise. Parmi eux la barge qui transporte l’épave du bateau d’Amundsen ! Ils ont fait appel à un brise-glace pour venir les sortir de ce mauvais pas.

    Dimanche Yvan profitait du vent faible en sortie du Détroit pour se reposer et ne cachait pas son soulagement : « J’ai bien crû que le Défi Bimedia allait s’arrêter à Weld Bay. Je suis immensément soulagé d’être maintenant sorti de ce traquenard. La navigation dans cette dernière partie redevient plus classique, avec des difficultés sur lesquelles j’aurai un pouvoir d’action. Contre la banquise, je n’avais aucune autre arme que la patience, et cela aurait bien pu ne pas suffire. »

    En liberté conditionnelle

    Aujourd’hui, Yvan remonte vers le nord entre Baffin Island à l’Est, et Sommerset Island à l’Ouest. Pour le moment sa progression vers le nord compense le rallongement naturel des nuits, et l’obscurité est toujours d’environ 6 heures ; une fois dans le détroit de Lancaster, il devra mettre cap à l’Est puis au Sud-est pour faire route directe sur Nuuk ; les nuits feront alors près de 12 heures.

    Les growlers seront normalement peu ou pas présents jusqu’à Nuuk, mais les icebergs oui. Si même la nuit leur présence peut se signaler au marin par une baisse rapide de la température, en revanche, les brumes épaisses de la mer de Baffin en cette saison rendraient périlleuse toute navigation : « En cas de brume qui masque parfois les étraves, je n’aurai pas d’autre solution que de me laisser dériver en attendant que ça se dégage ! Mais la patience est quelque chose que j’ai appris ici. Et au moins un iceberg peut se contourner ! »

    Les brouillards givrants seront peut-être au rendez-vous et avec eux les risques d’alourdissement du gréement sous une gangue de glace. N’oublions pas non plus que Sommerset Island que longe Yvan depuis sa sortie du Détroit de Bellot est une des zones regroupant le plus d’ours polaires en Arctique. En cas d’obligation de mouillage il devra être très vigilant.

    Restent les tempêtes et les vents catabatiques dont la saison commence…

    On le voit, la liberté laissée par les glaces est relative, et Yvan est comme en conditionnelle !