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août 2017
  • ARTICLE DE PRESSE PLANETE VOILE TELEGRAMME

    http://www.letelegramme.fr

    Yvan Bourgnon est toujours bloqué dans sa baie, au sud des Tasmania Islands. Il attend que s’ouvre le bouchon de glace qui stoppe sa tentative du passage du nord-ouest. Yvan Bourgnon a tenté de passer une trosième fois, accompagné de deux autres voiliers, mais il a dû rebrousser chemin.

    © Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/voile/en-images/passage-du-nord-ouest-a-la-voile-en-solitaire-yvan-bourgnon-l-aventure-extreme-30-08-2017-11645227.php#viMpCpmlyYlVOzSu.99

  • ARTICLE DE PRESSE BATEAUX.COM

    http://www.bateaux.com

    Un mouillage abrité dans la baie

    Étant bloqué par les glaces au sud des Tasmania Islands, sur le Passage du Nord-Ouest, Yvan Bourgnon a du faire demi-tour pour se protéger des glaçons risquant d’abimer « Ma Louloute », son catamaran de sport. Désireux de regagner la petite baie qui l’abrite à ce jour depuis 6 jours, il se retrouvait de nouveau bloqué par la glace. Par « miracle », il réussissait à rejoindre son abri avant d’être de nouveau dérangé par les glaçons et de devoir trouver un endroit plus abrité.

    « L’entrée de la baie était barrée par les glaces accumulées par le vent. Je désespérais de pouvoir rejoindre mon mouillage et commençais à envisager une nuit de dérive en mer à la merci des growlers. Et par miracle, un passage entre la côte et un bloc de glace s’est élargi à cause du courant, pour laisser juste la largeur du bateau. Je dis « miracle » parce qu’au même moment, le vent qui était de face et m’interdisait de m’engager dans ce couloir, est passé travers !! J’ai profité de cette conjonction inespérée pour franchir l’obstacle ! » indiquait Yvan.

  • 29/08 Dilemme sur le Défi Bimedia 

    Toujours au mouillage hier, au moment de la vacation, Yvan souffrait du froid à moins 4°, et décrivait les ponts de « Ma Louloutte » recouverts de givre et de verglas. Pour autant, ce qui l’atteint le plus est bien la difficulté à évaluer si il lui sera possible de continuer vers le nord, et quand !

    Son mouillage actuel est protégé de tous les vents, même s’il faut se déplacer à l’intérieur pour trouver l’endroit propice. S’il le quitte pour s’approcher des Tasmania Islands, il sait qu’il ne trouvera plus d’abri aussi polyvalent. Or le bouchon de banquise existe toujours entre les Tasmania et le détroit de Bellot, ce qui lui imposerait un stop dans l’archipel ou à proximité.

    Aujourd’hui des vents forts soufflent sur le secteur et devraient faiblir en début de nuit en heure française. Si Yvan décidait de partir, sans aucune assurance que le passage se soit partiellement libéré, il devra risquer d’être malmené près des Tasmania mercredi, par des vents forts dans un mouillage mal abrité et ouvert aux growlers. Expérience infernale qu’il a déjà vécue et qu’il souhaite à tout prix ne pas renouveler.

    La distance qui sépare sa position actuelle du Détroit de Bellot est proche de celle entre La Trinité sur mer et l’le d’Yeu ! Une broutille à l’échelle du Défi Bimedia, mais pourtant immense en terme de difficultés accumulées :

    « Dans l’idéal, j’espère avancer un peu mardi, me protéger du coup de vent mercredi et passer Bellot jeudi. Mais pour l’instant c’est totalement hypothétique, car c’est complètement bouché au nord des Tasmania Islands. Peut-être que le coup de vent de sud sud-ouest de demain va ouvrir la glace, c’est tout ce à quoi je peux me raccrocher. »

     

  • 28/08 14h30 Attente glacée par vent de Nord sur le Défi Bimedia

    Toujours au mouillage dans la petite baie qui l’abrite depuis 6 jours et après trois tentatives infructueuses de franchissement du bouchon de glace quelques miles plus au nord, Yvan subit depuis hier des vents glacés. Soufflant du nord à 25 nœuds, ils ont fait chuter la température à moins 5 degrés.

    Pour éviter que son eau de consommation ne gèle, Yvan la stocke dans son duvet pendant son sommeil, avec son réchaud, qui lui aussi craint les températures négatives.

    Bien qu’abrité par sa protection coulissante, couvert de plusieurs couches de vêtements, et dans son duvet, le froid le saisit : « Le vent de nord est glacé, je n’ai jamais eu de température aussi basse depuis le départ. Je remue les doigts de pieds constamment pour éviter l’engourdissement, même dans mon duvet. Heureusement le mouillage tient bon malgré les 25 nœuds et je suis un peu à l’écart des growlers. »

    Chaleur humaine

    Le seul réconfort dans cette situation d’attente rude et incertaine, est dû à la présence dans la baie de voiliers qui pour les mêmes raisons qu’Yvan, patientent au mouillage. Bien sûr leur confort est sans commune mesure avec celui de « Ma Louloutte » puisqu’ils sont grands et dotés d’aménagements confortables. Mais les conversations par VHF suffisent pour redonner à Yvan une dose salutaire de chaleur humaine : « C’est sympa de pouvoir parler un peu. Il y a Susan que j’avais rencontrée à Nome et qui est là pour être la première femme à franchir le Passage du Nord-Ouest en solitaire. Elle est marquée par les conditions de glace actuelles et hésite à renoncer. Mais c’est super méritant déjà, ce qu’elle a accompli à plus de 70 ans ! »

    Le vent de nord, un mal pour un bien ?

    Le vent fort et très froid, même s’il est compliqué à vivre pour Yvan, lui laisse l’espoir de voir la position de la glace se modifier : « C’est sûr que le vent de nord n’est pas la bonne direction pour éloigner la glace. Mais avec les vents faibles des jours précédents, il ne s’est rien passé de bon. Là, au moins on peut imaginer que ça va faire bouger quelque chose, cette force de vent. La glace pourrait bien se fracturer et laisser un passage pour rejoindre Bellot. Les jours derniers, sans vent, la situation avait évolué dans le mauvais sens, le bouchon de 10 miles, au nord des Tasmania Island est passé à près de 60 miles ! Donc je préfère que ça brasse, même de nord ! »

    Aujourd’hui, alors que deux paquebots sont en attente pour passer et que seuls les brise-glaces peuvent avancer, il est impossible de dire quelle sera l’issue du Défi Bimedia ; chaque jour passé à attendre rapproche de la mauvaise saison qui compliquera voire rendra impossible la tentative du passage du Nord-Ouest pour 2017 …

  • 27/08 18:00 Le Défi Bimedia bloqué par la banquise, malgré le réchauffement climatique…

    Ne nous y trompons pas ! Si Yvan et « Ma Louloutte» sont aujourd’hui bloqués dans une petite baie en espérant voir le Passage du Nord-Ouest se libérer au sud des Tasmania Islands, c’est dû aux variations inter-annuelles de la fonte d’été. Différents facteurs comme le vent ou les courants peuvent provoquer un bouchon dans une zone étroite en poussant des growlers à s’accumuler entre la côte et la banquise.

    Bien sûr, cette situation ponctuelle ne remet pas en cause la variation de surface de la banquise sur le long terme. Entre 1984 et 2016, la NASA a pris des clichés qui montrent avec évidence, l’inquiétante diminution de la surface de la banquise en 32 ans. Greenpeace a récemment repris ces vues dans sa campagne de sensibilisation.

    Un cercle vicieux

    Plus la glace fond en été et plus il lui est difficile de se reconstituer en hiver ; or la glace, plus jeune et plus fine, fondra plus facilement qu’une plus âgée. De plus, la surface blanche étant plus faible, elle réfléchit moins le rayonnement solaire qui est donc absorbé plus massivement par l’océan Arctique contribuant à son réchauffement. Ces conclusions sont fondées sur des études menées par des équipes de chercheurs sous la direction d’Olivier Boucher au Laboratoire de Météorologie dynamique, et Catherine Ritz Directrice de recherche au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement.

    Pour ces scientifiques il n’y a aucun doute : « Dans sa tendance à long terme, la fonte des glaces de mer dans l’Arctique est liée au réchauffement climatique. »

    La banquise arctique a perdu en moyenne 3200 km3 par décennie depuis 30 ans, soit 320 km3 par an en moyenne.

    Et si la fonte des glaces de mer (banquise) n’entraîne pas de montée du niveau de l’océan, elle contribue au réchauffement climatique qui impactera les glaciers du Groenland.

    Le défi Bimedia est sur le fil du rasoir, tout comme notre planète.

     

  • 26/08 19h30 L’incertitude pour Yvan Bourgnon sur le Défi Bimedia

    Après avoir fait demi-tour pour la première fois de sa carrière de marin, devant une densité extrême de growlers qui menaçaient l’intégrité des coques de « Ma Louloutte » et risquaient de l’emprisonner, Yvan s’est extrait du piège, sous haute tension nerveuse et grâce à son habileté à manœuvrer. Il avait rejoint son mouillage vendredi, à la tombée de la nuit. : « L’entrée de la baie était barré par les glaces accumulées par le vent. Je désespérais de pouvoir rejoindre mon mouillage et commençais à envisager une nuit de dérive en mer à la merci des growlers. Et par miracle, un passage entre la côte et un bloc de glace s’est élargi à cause du courant, pour laisser juste la largeur du bateau. Je dis « miracle » parce qu’au même moment, le vent qui était de face et m’interdisais de m’engager dans ce couloir, est passé travers !! J’ai profité de cette conjonction inespérée pour franchir l’obstacle ! »

    Bien abrité des vents de sud, Yvan s’est préparé au repos plus que mérité. Soudain le vent est passé nord, ramenant avec lui un cortège de growlers qui ont mis en péril la tenue de l’ancre. C’est au bout d’un long combat qu’il à réussi à quitter cet emplacement pour en chercher un plus propice, aux nouvelles conditions de vent.

    Présence humaine

    Au matin, la petite baie abritait 3 autres bateaux venant du sud. Des voiliers en aluminium et motorisés, qui pourtant n’avaient pas réussi à aller plus loin, en raison du même bouchon de glaces rencontré par Yvan.

    Pouvoir parler à la VHF est un soulagement après ces longues épreuves dans l’isolement total.

    Une brèche étant possible, les vents ayant tourné, une nouvelle tentative de passage est décidée. Deux bateaux tentent le coup en même temps que « Ma Louloutte ».

    Longeant la côte pour suivre l’étroit couloir d’eau navigable, les voiliers se retrouvent après quelques miles dans un cul de sac. Même le 18 mètres néo zélandais en alu, aux moteurs surpuissants, ne peut aller plus loin !

    Le coup est rude. Pour la troisième fois, il faut renoncer et revenir au point de départ. : « Les vents n’ont pas réussi à chasser les glaces et pourtant ils soufflaient dans une direction favorable. Secteur Nord ou Ouest, on est sûr que les glaces ne dériveront pas. S’il faut qu’il y ait de l’Est pour que ça bouge, c’est loin d’être gagné ! L’an dernier, un des bateaux présents dans la baie n’a pas vu de glace sur la même portion du parcours. C’est clairement une mauvaise année… »

    La marge fond…

    Pour la dernière partie du défi avant que la mauvaise saison ne reprenne ses droits, Yvan ne doit pas rester bloqué plus de 10 jours. La marge de temps fond plus vite que la glace, et le rapproche des nuits plus longues et froides, des tempêtes plus fréquentes, des brouillards givrants qui enserrent et alourdissent le gréement …

    Le défi Bimedia vit ses heures les plus incertaines, son issue est menacée.

     

  • 24/08 15:04 « Ma Louloutte » prise au piège sous l’emprise des glaces

    Après son demi-tour hier, contraint par les innombrables growlers qui barraient sa route et le vent très faible de face, Yvan a retrouvé la petite baie qui l’avait déjà abrité la nuit précédente.

    A l’aube, le réveil fut terrible ! Autour de « Ma Louloutte » à perte de vue, des plaques de glace dérivantes ont doucement envahi la baie pendant le sommeil du marin : « Quand je me suis réveillé c’était déjà trop tard ! Les glaces bloquent la sortie de la baie, et je suis totalement impuissant devant cette situation. Je n’ai pas les cartes en main. Si le vent passe au sud il dégagera peut-être la situation. S’il continue à souffler de nord et qu’il se renforce, les masses de glace vont dériver sur moi et écraser le bateau à la côte. »

    Les nerfs à rude épreuve

    Le contraste est saisissant entre le soleil, la blancheur éclatante des glaces, le calme, et d’autre part le drame qui se joue. Yvan est totalement à la merci des éléments, il n’a de prise sur rien. Seul le vent peut lui venir en aide. C’est d’autant plus rageant qu’à quelques miles plus au nord, le bouchon de glace des Iles Tasmania semble s’être résorbé et lui laisserait la voie libre pour s’approcher du Détroit de Bellot. : « J’ai un peu craqué j’avoue. Je me suis tellement battu depuis quelques jours pour quelques misérables miles, que de faire demi-tour déjà m’avait fait mal au moral, c’est la première fois que je fais demi-tour depuis le début de ma carrière de marin aventurier. Et là, c’est la pire des situations, le défi pourrait s’arrêter là si le vent ne m’aide pas. Je suis vraiment sur un fil. »  

    RDV ce soir à 19h30 pour le LIVE FB et échanger en direct avec Yvan Bourgnon

     

  • 23/08 15:32 Reculer pour mieux passer entre glaces et îles Tasmania sur la route du Défi Bimedia

    De Paysley Bay à l’anse qui l’accueillerait la nuit suivante, 36 miles à parcourir. Avec « Ma Louloutte » plutôt du genre surtoilée, cela devait être une formalité. Or, le vent de face, faible à nul, et les innombrables growlers en travers de sa route en ont décidé autrement ; debout sur ses bancs surélevés avec la télécommande du pilote et des jumelles en main, Yvan passe les 2/3 de son temps à chercher un passage entre les blocs de glace et le 1/3 restant à redescendre sur le trampoline pour virer. Il estime avoir viré près de 150 fois pendant ces 36 miles à 1.6 nœuds de moyenne.

    Malgré cette combativité, la nuit est tombée depuis plus de 2 heures accompagnée de brume épaisse, quant Yvan arrive enfin à mouiller.

    Demi-tour

    A l’aube, il est reparti vers le nord et les Iles Tasmania, mais 3 heures plus tard, il rencontre une concentration de glace telle que le passage n’est plus possible. Devant le risque d’être entouré par les growlers, Yvan décide de faire demi-tour et de rejoindre la baie qu’il avait quittée : « C’est assez déprimant de voir que le temps passe et me rapproche de la mauvaise saison, et de revenir sur mes pas. Mais avec ce vent presque inexistant, à part sur le Léman pendant « le Bol d’Or », impossible de prendre du plaisir. Pour grappiller de malheureux miles, j’expose « Ma Louloutte » à des collisions dangereuses avec les glaçons et risque de me faire enfermer au milieu d’eux. Le plus sage est de revenir à mon point de départ de ce matin ».

    L’attente de jours meilleurs

    C’est reculer pour mieux sauter, car les vents faibles de nord vont laisser la place à des vents de sud de 25 nœuds qui pourront pousser les glaçons et dégager la place. Yvan doit ronger son frein et patienter le temps que ce ménage se fasse, peut-être 48 heures…

    Il sera alors au portant pour couvrir la distance qui le sépare des Iles Tasmania puis du Détroit de Bellot, avec toujours la crainte avec le retour du vent fort, d’un choc à grande vitesse avec les growlers.